Chers co-paroissiens, co-paroissiennes

Je tiens à remercier l’équipe pastorale de nous accorder le privilège de vous adresser la parole aujourd’hui. Dans l’Évangile, on voit Jésus à Cana disant à sa mère, «Mon heure n’est pas encore venue!» et pourtant sur l’insistance de Marie, Jésus change l’eau en vin. Selon vous, pourquoi a-t-il accepté de faire ce miracle? À mon avis, entre autres raisons, Jésus a changé six jarres d’eau en vin, parce qu’il pressentait la peine de ces deux jeunes mariés qui autrement auraient vu leurs noces être gâchées par un oubli.

Voyez-vous c’est la caractéristique essentielle du Christ : il nous invite à être présents aux petits et grands malheurs de ceux qui nous entourent. J’imagine que vous, comme Jésus, vous posez des gestes de fraternité dans vos familles et votre entourage. Sur un autre plan, au niveau de notre communauté, il y a plusieurs organisations qui s’occupent des gens mal en point : les Chevaliers de Colomb, le Club des Lions, le Mouvement des Services à la Communauté et combien d’autres organismes.

Pour sa part, Jumelage St-Félix, vous invite à ouvrir vos cœurs à des gens d’une petite localité, au sud du Honduras : San Marcos de Colon. Vous avez récemment entendu aux nouvelles qu’une caravane de jeunes avait quitté le Honduras pour essayer d’immigrer aux États-Unis. Comment vous sentiriez-vous si un de vos enfants décidait de se rendre, avec quelques dollars dans ses poches, à deux milles kilomètres de chez vous, à pied, espérant y trouver un quelconque emploi, parce qu’il n’y a plus aucun espoir dans votre pays? Moi, j’aurais le cœur brisé.

À San Marcos, la situation est calme , mais dans les grandes villes du Honduras c’est très inquiétant : la grande majorité des jeunes sont sans emploi, plusieurs gangs de rue se sont formées et font des méfaits graves : vols et meurtres. Quant au gouvernement, on nous dit qu’il est gangrené par la corruption, il ne fait presque rien pour faire face à ce problème et il n’a aucun plan sérieux pour donner du travail à sa population. On me dit qu’à San Marcos, très au sud du pays, il y aurait eu un seul jeune qui, il y a six semaines, ne serait pas revenu en classe.

C’est dans le cadre des malheurs de ce pays que Jumelage SF a décidé, il y a seize ans, de s’intéresser à cette localité : on a soutenu financièrement des systèmes d’eau, des réservoirs d’eau familiaux, des latrines, des salles de récupération scolaires, des pupitres pour l’école secondaire et même des petits ponts, en plus de stimuler la formation de groupes de femmes dans les campagnes.

Mais depuis cinq ans, on a opté pour travailler aussi sur la formation des personnes. Ainsi en 2013, on a lancé le programme «Jeunes en action». À chaque année, on recrute 30 jeunes (16-20ans) pour les initier au leadership : pendant 8 samedis, des professeurs de là-bas leur font faire des exercices pratiques, puis on les divise en 6 équipes de 5 jeunes, et chaque équipe a 8 semaines pour réaliser un petit projet de moins de 300 $. Vous ne pouvez deviner la fierté de ces jeunes qui, suite à leur réalisation, saisissent la puissance du travail en équipe. Nous avons vu un gros changement : ce sont maintenant les meilleurs de ces jeunes qui écrivent et gèrent les projets de cinq à dix milles dollars, que Jumelage étudie et finance à San Marcos, toujours sous la supervision des mêmes organismes que jadis.

Mais ce n’est pas tout, figurez-vous qu’il y a deux ans, certains de ces jeunes nous ont dit qu’ils aimeraient fonder leur propre entreprise. Après une démarche plus longue que prévue, voici que depuis un mois, trois équipes de jeunes ont commencé à mettre sur pied leur entreprise: l’une veut produire et commercialiser des œufs bruns, l’autre va offrir des services de réparation d’ordinateurs à la maison, et la troisième va ouvrir d’ici deux mois un Ciné-Café , car vous savez, les samedis soirs à San Marcos, c’est pire qu’à Ottawa : il n’y a strictement rien à faire.

Donc, voyant la non-espérance de ces jeunes, Jumelage St-Félix, inspiré par l’évangile des Noces de Cana, a décidé, sur l’exemple de Jésus, d’essayer de leur donner un petit coup de main. Car vous savez, ces jeunes ce sont des êtres humains comme vous et moi : leur seul problème c’est qu’ils sont nés dans un pays où les gouvernements ont été corrompus par les grandes puissances de la planète. Vous allez me dire : c’est vraiment petit ce que vous faites. On le sait, mais quand on redonne espoir à une seule personne, on est convaincu que cela a l’effet d’un volcan qui ne s’éteint pas.

On en a des exemples : Geovanny Lopez. C’est le gérant de la petite coopérative de café. Il y a 11 ans, il nous a demandé un prêt pour un équipement pour sa coopérative. Il était tellement content que, depuis ce jour-là, il nous offre bénévolement son appui et, grâce à lui, nous avons pu aider 12 communautés. Il a supervisé gratuitement tous ces projets, alors que ce n’est pas son travail.

Un autre exemple : Ana Patricia Giron. Elle est professeure dans deux institutions. On l’a aidé dans un petit projet il y a 7 ans, et voilà qu’elle met bénévolement, presque tous ses temps libres, au service de Jumelage St-Félix. Elle a dirigé les cinq éditions du programme Jeunes en action, elle supervise les 6 classes de récupération scolaire, et en plus elle gère le programme d’appui aux 5 groupes de femmes des environs de San Marcos.

Enfin un dernier : Erick Pastrana. Ce jeune finissant universitaire a d’abord été diplômé du programme Jeunes en action, puis il a collaboré avec Ana Patricia, et c’est lui qui a mis sur pied l’incubateur d’entreprises. Cela nous remplit d’espérance, car c’est peut-être le début d’un auto-développement de cette municipalité.

Chers amis, je tiens à vous dire que c’est en votre nom que nous voulons accompagner ces gens de San Marcos pour leur redonner de l’espoir en la vie. Comme Jésus aux Noces de Cana, Jumelage SF veut dire aux gens de San Marcos qu’en tant que chrétiens nous partageons leurs soucis et leurs aspirations.

Actuellement, on est 9 membres sur le Conseil d’administration et on recherche quelques personnes qui parlent et comprennent l’espagnol pour nous aider, ici à Québec, à superviser dans quelques projets spécifiques. Si cela vous tente , dites-le nous.

En terminant, à la sortie de la messe, des membres de Jumelage St-Félix vous remettront une enveloppe. Rendu chez vous, prenez le temps de lire cette lettre en vous souvenant de la parole de Jésus qui a dit «Pas un seul verre d’eau que vous aurez donné à l’un de mes amis ne restera sans récompense». On pense que c’est une façon de vivre l’Évangile.

Merci de m’avoir écouté.

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